| Noir désir (poésie) |
|
|
|
| Écrit par Sonia Esztefan |
| Lundi, 02 Mars 2009 18:49 |
|
Noir désir
Ses yeux s’emplissent d’horizon, de pays,
Vers le Nord, l’abondance, la survie. L’enfant toise l’insensible oiseau blanc, Fardant le crépuscule d’un panache éclatant. L’ombre le soulage, le dissimule, Le vent distille le feu, la canicule. Ses doigts effleurent la brisure du sol, L’eau n’y caresse plus la terre. Un prédateur est passé, téméraire, Les ossements disparaissent, simple vol. Tant de tombes à creuser, Il n’a plus la force, épuisé. Il songe aux autres, à l’abri des regards, Carcan de conscience, d’interdits, Qui se tourmente pour son monde, la Somalie. Que raconter aux hommes plus tard. Son sang est bien trop noir, Pour salir les pages de l’Histoire. La fraîcheur perce enfin, offrande de la nuit. Il rend un dernier sourire aux étoiles, à l’infini. Une larme naît et meurt sans fin, Jusqu'à son souffle désormais éteint. FIN
|












